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Notre société actuelle incite d’une part à la surconsommation avec une nourriture en surabondance et d’autre part impose un culte de la minceur comme idéal de beauté.
Puissant paradoxe, cette société « schizophrène » amène à développer des troubles psychiques tels que les TCA.

Apparus au début du 20ème siècle, ils étaient, jusqu’alors, quasiment inconnus. Depuis une quarantaine d’années, leur ampleur ne cesse de s’étendre à travers le monde et pas uniquement dans les pays industrialisés. Ce mal du siècle est « sans frontière ».

Les troubles du comportement alimentaire (TCA), également appelés troubles des conduites alimentaires ou troubles alimentaires, sont désormais reconnus comme une maladie à part entière.
Ceux-ci se manifestent par une relation « anormale » avec la nourriture. Lorsque l’on souffre d’un trouble alimentaire, on peut être dans une alimentation « réconfort » ou au contraire dans une restriction pour un contrôle absolu sur son corps.

L’ensemble de ces comportements et réactions émotionnelles face aux pratiques alimentaires habituelles témoignent d’un trouble psychique qui amène à une véritable souffrance pour la personne malade mais également pour son entourage.
Leurs répercussions ont un impact considérable sur la santé physique et mentale.
Cette pathologie apparaît le plus souvent à l’adolescence ou au début de l’âge adulte et est très majoritairement féminine.

 

Les différentes formes de TCA

 

Comme tous troubles mentaux, les troubles alimentaires sont difficiles à répertorier et à classer. En 2013, paraît une version plus récente du Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM-V) qui propose une révision de la définition et des critères diagnostiques des troubles de l’alimentation.

Les troubles du comportement alimentaire les plus connus, dits « typiques », sont l’anorexie et la boulimie. Néanmoins il en existe d’autres, dits « atypiques ».

Voici une énumération des principaux troubles alimentaires rencontrés, non-exhaustive car ils sont nombreux.

 

Formes « typiques »

 

Anorexie mentale (restrictive ou purgative avec stratégie de contrôle de poids) : lutte véritable contre la faim
Boulimie nerveuse (avec comportements compensatoires) : ingestion de façon impulsive ou non d’une grande quantité de nourriture durant une courte période, moins de 2 h

N.B : L’anorexie et la boulimie peuvent se présenter de manière isolée ou combinée

Hyperphagie boulimique ou « fringales » ou BED (Binge Eating Disorder) : ingestion d’aliments denses en calories et en excès (quantité + qualité), sans comportements compensatoires
Night eating syndrom (NES) : ingestion nocturne d’une importante partie des apports caloriques quotidiens
Compulsions alimentaires : prise alimentaire incontrôlable de plus ou moins grande quantité cherchant à combler une sensation de « vide », de solitude. Plénitude gastrique par un « shoot » du remplissage : phénomène addictif

 

Formes atypiques

 

Orthorexie : prête une attention particulièrement accrue à son alimentation avec une rigueur importante dans le choix des aliments
Mérycisme ou « food spring & spitting » : phénomène de « rumination », régurgitations et remastication de la nourriture. Partiellement digérée, celle-ci est ramenée dans la bouche, mâchée et ré-avalée ou recrachée
Pica : consommation de substances non-nutritives (plâtre, peinture, cheveux, tissu, sable, cailloux) chez les jeunes enfants, rarement à l’âge adulte (trouble de la personnalité latente)
Phobies alimentaires : impossibilité de manger, boire ou même sentir certains aliments par peur (sous-jacent à un traumatisme)
Néophobie alimentaire : peur de la nouveauté, il s’agit donc du refus de manger des aliments inconnus, retrouvé principalement chez le jeune enfant. Dans le développement de l’enfant, c’est une phase normale mais passée à un certain stade, elle relève du trouble anxieux.
Troubles de l’alimentation sélective et/ou d’évitement (nouvelle catégorie du DSM-V, assez large, qui regroupe les « ARFID » pour Avoidant/Restrictive Food Intake Disorder) : sélectivité très prononcée des aliments selon la texture, la couleur, l’odeur, etc. Cette sélectivité a d’importantes répercussions somatiques comme l’amaigrissement, la malnutrition, les carences. Quand ce trouble apparaît au cours de l’enfance ou l’adolescence, le développement staturo-pondéral peut être perturbé.

Il faut savoir que les troubles du comportement alimentaire sont addictifs et amènent à des conduites de dépendance, comme celles retrouvées dans la toxicomanie, le tabagisme ou encore l’addiction à l’alcool.

 

Ni un mode de vie, ni une lubie

 

Les TCA sont des maladies graves car ils ne guérissent pas spontanément. Au contraire, ce sont des pathologies chroniques pouvant nécessiter 5 à 10 ans de prise en charge thérapeutique, voire plus, avant de s’en sortir.
Les TCA engendrent une grande souffrance pour la personne malade. Ce n’est ni un choix, ni une lubie à mettre sur le compte de la crise d’adolescence. Ils font l’objet d’une réelle douleur morale et physique provoquant un épuisement physique et mental, des troubles du sommeil, une anxiété, des angoisses et une dépression.
La malade se renferme, se désociabilise, se coupe du monde extérieur. Une solitude profonde s’installe.

On ne guérit ni seule, ni du jour au lendemain d’un TCA. Pour s’en défaire, cela peut demander des années.
Une prise en charge pluridisciplinaire avec diététicien, psychologue, psychiatre, médecin somaticien, psychomotricien, etc. est nécessaire et essentielle pour une avancée vers la guérison !

Le point positif, et il est important de le rappeler, on guérit d’un TCA le plus souvent. C’est une lutte difficile qui demande du temps et de l’énergie mais un jour le TCA ne fait plus partie de vous. Et lorsqu’il a disparu depuis plus de deux ans, les risques de rechute s’amenuisent.

 

Mon approche nutritionnelle et psycho-émotionnelle

 

Il est essentiel de vous informer et de vous rassurer quant à votre maladie.
Aucun tabou, vous pourrez vous libérer comme vous le désirez, nous établirons une relation de confiance qui vous convienne.
Ensemble, nous entreprendrons une démarche de soin pour vous amener vers la guérison en apportant une attention particulière sur :

– votre histoire, vos ressentis, vos angoisses et vos peurs
– la découverte de vos propres sensations alimentaires
– les obstacles qui vous empêchent d’être à l’écoute de vos envies alimentaires
– la levée de vos aliments « interdits » par une éducation nutritionnelle afin de les réintégrer petit à petit dans votre alimentation
– votre poids de forme minimal, indispensable pour couvrir vos besoins nutritionnels de base. Vous libérez de l’angoisse de la prise de poids et des pensées obsessionnelles de nourriture éreintantes.

La nourriture doit rester dans son rôle premier à savoir, apporter l’énergie nécessaire à son corps pour être en forme et en bonne santé. Néanmoins, la notion de plaisir est essentielle !
La nourriture ne doit aucunement être un moyen d’exprimer ses émotions.

Pour vous permettre de suivre un programme complet de guérison de votre TCA, je vous conseillerai d’autres intervenants de santé pour une prise en charge optimale.

Associations et point d’écoute pouvant apporter une aide en plus :
Association Autrement : www.anorexie-et-boulimie.fr
AFDAS-TCA : www.anorexieboulimie-afdas.fr
GROS : www.gros.org